La culture sur « sol vivant » : quézako ?
Vous avez probablement entendu parlé de « culture sur sol vivant » ou de « maraichage sur sol vivant ». D’accord, mais c’est quoi, concrètement ?
1.Un milieu complexe et fourmillant
Un sol vivant n’est pas seulement de la terre qui tient les plantes : c’est un écosystème complexe, peuplé de milliards d’organismes – visibles et invisibles- qui travaillent ensemble.
On y trouve notamment :
- des micro-organismes : bactéries, champignons, levures,
- de la microfaune : protozoaires, nématodes,
- de la macrofaune : vers de terre, fourmis, cloportes,
- de la matière organique en décomposition : feuilles, racines, compost…
Ces êtres vivants transforment la matière organique en éléments nutritifs assimilables par les plantes, structurent le sol et favorisent la circulation de l’air et de l’eau. Un sol vivant fonctionne donc en autonomie, à l’image d’un sol forestier, LA référence en permaculture.
2.Pourquoi cultiver sur un sol vivant ?
Cultiver sur un sol vivant présente de nombreux avantages, pour le jardinier comme pour les plantes :
🌱 Les plantes sont plus vigoureuses : elles bénéficient d’une meilleure nutrition naturelle, développent des racines plus profondes, et sont plus résistantes aux maladies et ravageurs.
💧 La gestion de l’eau y est plus facile : le sol présente une meilleure structure, ce qui permet une meilleure infiltration de l’eau, moins de ruissellement et donc… moins d’arrosages.
🌍 Un sol vivant est plus stable et fertile dans le temps : il présente une structure grumeleuse qui ne se compacte pas, il « gère » sa fertilité sans dépendre des engrais chimiques, il permet de stocker du carbone.
🧑🌾 Un sol vivant, c’est surtout moins de travail pour le jardinier : pas de bêchage juste quelques opérations ponctuelles d’aération du sol en début de saison et en fin de saison
👉 Encourager la vie dans le sol, c’est créer un jardin plus résilient et plus autonome, dans lequel : on nourrit le sol qui nourrit les plantes.
3. Comment savoir si mon sol est vivant (ou pas) ?
Pas besoin de commander une analyse à un laboratoire ! De simples observations donnent déjà beaucoup d’informations.
- Voyez vous des vers de terre (surtout après la pluie) ?
- Le sol est -il souple ? S’émiette facilement à la main ?
- Dégage-t-il une odeur agréable de terre forestière ?
- Les racines des végétaux qui y poussent sont-elles bien développées et nombreuses ?
- Voyez-vous la présence de champignons, de mycélium blanc sous le paillage ?
- L’eau pénètre-telle rapidement sans stagner ?
Super, votre sol est vivant !
PAR CONTRE, si votre sol est dur, compact, difficile à travailler, si une croute se forme en surface après la pluie, si vous ne voyez que peu ou pas de vers de terre, s’il est nu, sec ou poussiéreux si les plantes qui y poussent sont chétives, souvent malades ou carencées, si l’eau ruisselle ou stagne
Il faut apporter quelques actions correctives qui vont, progressivement, l’agrader.
4.Comment rendre un sol plus vivant ?
🌾 Le couvrir en permanence avec des paillages (paille, feuilles mortes, broyat, tontes sèches) ou des engrais verts (il existe une dizaine de plantes couramment utilisées aux vertus spécifiques)
🍂 Apporter de la matière organique. Au choix : compost mûr, fumier bien décomposé, déchets végétaux du jardin, mulching.
🪱 Limiter le travail du sol : exit la bêche et le motoculteur, préférer la grelinette pour une aération superficielle
🌼 Favoriser la biodiversité : diversifier les cultures, pratiquer la rotation des cultures, planter des haies, des fleurs, laisser des zones sauvages, …
💧 Entretenir l’humidité du sol : pailler pour conserver l’eau, éviter les arrosages excessifs (un bon paillage pourra vous y aider)
5. En résumé
Comprendre ce qu’est un sol vivant est une étape essentielle pour réussir un jardin écologique et durable. Un sol riche en vie est plus fertile, retient mieux l’eau, nourrit naturellement les plantes et les rend plus résistantes aux maladies et aux aléas climatiques. En observant votre sol et en adoptant des pratiques respectueuses — comme le paillage, l’apport de matière organique et la réduction du travail du sol — vous favorisez une vie du sol abondante et équilibrée.
Cultiver sur un sol vivant, c’est accepter de laisser la nature travailler avec nous. En nourrissant le sol plutôt que les plantes, le jardin devient plus autonome, plus productif et plus résilient. Que ce soit au potager, au verger ou au jardin d’ornement, prendre soin de la fertilité du sol est la clé d’un jardin vivant, sain et respectueux du vivant sur le long terme.